Au Sahara comme ailleurs l’homme a laissé des traces de sa présence. Des facteurs tels que les bouleversements climatologiques et écologiques, les invasions des peuples étrangers et le développement culturel du pays ont conduit les habitants à nous laisser un patrimoine exceptionnel, à l'ampleur unique. Il y a environ 6000 ou 7000 milliers d’années, au début de l’ère néolithique un voyage à travers le Sahara était pratiquement équivalent à un safari contemporain à travers les parcs zoologiques. Des girafes, des autruches, des éléphants, des rhinocéros, des buffles, des lions, des léopards et beaucoup plus d’espèces ont erré les savanes et les régions boisées.


Selon l’Association des Amis de l‘Art Rupestre Saharien l’art rupestre désigne « les gravures et les peintures, d’époque historique ou préhistorique, exécutées sur des rochers » . L’art rupestre est une source d’ informations importantes pour tenter de comprendre comment vivait un peuple à une époque donnée.


Henri Lhote (1903-1991) a été le premier préhistorien à étudier l’art rupestre dans le tassili n’Ajjer. Même si sa classification de l’art rupestre en plusieurs grandes périodes est remise en cause, c’est encore elle qui fait figure de référence dans le monde scientifique.

 

On distingue grosso-modo cinq grandes périodes de représentations artistiques :


  • La période bubaline (gravures de faune sauvage). c’est la période la plus ancienne, la période du bubale, une espèce de bœuf sauvage. Puisque le bubale a disparu il y a environ 6000 ans, on pense que certaines des gravures pourraient remonter à 8000 ans et pour les plus anciennes à 10 000 ans. Les plus anciennes gravures représentent généralement des animaux sauvages comme les éléphants, les girafes, rhinocéros, bubales, bœufs,… L’homme apparaît peu souvent. Les premières peintures furent gravées à l’aide des pierres.

  • La période des têtes rondes (peintures de personnages à tête circulaire) de 6500 ans avant JC à 4000 ans avant JC. Les peintures de cette période occupent une place importante parmi les peintures du Tassili n’Ajjer. On n’est pas exactement sûr de la période, mais on pense que cette période entama avant 10 000 ans pour finir vers 5500. Selon Henri Lhote les peintures ont été fait entre 6000 et 4000 avant notre ère. L’homme figure dans presque toutes les peintures. L’homme ne vivait pas seulement de la chasse et de la cueillette, mais il a aussi tenté d’élever le mouflon. On remarque que certains hommes ont des traits négroïdes. Comme faune l’éléphant, la girafe et une espèce de bovidé sauvage figurent toujours dans les peintures. On distingue plusieurs phases dans cette période. C’est aussi la période dans laquelle figurent les grandes figures comme Jabbaren (6m) et Séfar (3,5m).

  • La période bovidienne (scènes pastorales) de 4000 ans avant JC à 1500 avant JC. Cette période est caractérisée par un double usage des gravures et des peintures. C’est la période où règne l’élevage de bovidés domestiqués, la période des pasteurs. Le type négroïde est toujours présent, mais il apparaît aussi d’autres types. Cette période commence environ vers le milieu du 6ième millénaire. A partir du 4ième millénaire on remarque une altération de la flore s’adaptant à la sécheresse. Les peintures les plus artistiques datent de cette période. On voit des peintures dans lesquelles figurent des enfants qui jouent, des gens qui dansent, qui parlent ou même des chasseurs. A partir d’environ 1000 années avant notre ère, les troupeaux figurent à peine dans les peintures.

  • La période caballine (scène de chevaux et de chars) de 1500 avant Jc à l’année 0. Vers le milieu du 2ième millénaire on voit l’introduction du cheval, ce qui veut dire que dans cette période, le climat fut plus humide après une période plus sèche. On voit le cheval attelé à un char, les personnages pour la plupart des guerriers ou des chasseurs. Les troupeaux subsistent, mais les bœufs laissent place aux chèvres et moutons.

  • La période cameline (scènes de chameaux) à partir de l’année 0. Est caractérisée par l’apparition du dromadaire et est associée à une aridité croissante. Le dromadaire, animal par excellence du désert se trouve sur les parois de toutes les régions du Sahara.

Dans le Sahara on trouve aussi des pointes de flèches et des harpons qui sont plusieurs fois millénaire et qui furent taillés par des chasseurs et nomades de pierres, de quartz et de différentes pierres précieuses. Ils les ont utilisés pour tuer des éléphants, des hippopotames, des antilopes et des autruches.